Sa vie, son œuvre : Gabriel Fauré, un héritage musical intemporel

Gabriel Fauré, l’un des plus grands compositeurs français, est né le 12 mai 1845 à Pamiers, en Ariège, à quatre heures du matin, au n° 17 de la rue Major (aujourd’hui rue Gabriel Péri). Le lendemain de sa naissance, il est baptisé à l’église Notre-Dame du Camp. Sa sœur aînée, Rose, fut sa marraine, et son parrain n’était autre que Amand, son frère aîné.

Gabriel était le dernier enfant de la famille, arrivé dans un contexte où il n’était peut-être pas attendu, comme l’indiquait sa famille : « On ne le désirait certes pas, mais on l’élèvera comme les autres. ». Enfant, il est envoyé en nourrice à Verniolle, où un incident comique se produit : un jour, glissé dans la botte de son père nourricier, il dégringole d’un escalier, ce qui fait naître un moment de surprise et de rire parmi les témoins.

En 1849, alors que son père, Toussaint, devient directeur de l’école normale de Montgauzy à Foix, Gabriel commence à découvrir les plaisirs de la nature, notamment dans les luxuriants vergers environnants. L’été, il retrouvait Verniolle, où un curé l’emmenait parfois dans sa cure. À cinq ans, Gabriel a même participé à un moment symbolique : une « inhumation » de sauterelle avec la Croix portée dans les champs.

Le jeune Gabriel, bien qu ‘évoluant dans une famille peu attirée par la musique, découvrit cet art grâce à l’école. En effet, l’école normale disposait d’un piano et de l’harmonium de la chapelle, et c’est là que Gabriel se familiarisa avec la musique. En dépit du peu d’intérêt familial pour cet art, ses talents furent repérés, et il reçut le soutien de Monsieur de Saubiac, un visiteur influent, pour étudier la musique à Paris. C’est ainsi qu’en octobre 1854, Gabriel Fauré part pour Paris, accompagné de son père.

Des racines profondes dans l’Ariège

Les racines de la famille Fauré remontent au XVe siècle à Varilhes, et la région, avec ses paysages et son atmosphère particulière, a profondément influencé l’esprit créatif de Gabriel. Son fils, Philippe Fauré-Fremiet, décrit l’Ariège comme un lieu à la lumière « spiritualisée », un environnement parfait pour nourrir l’artiste en devenir. Il note aussi que cette région a forgé un esprit « grave avec bonheur et gentillesse », des qualités qui se retrouvent dans l’œuvre de Fauré.

Fauré était passionné par la lumière et l’atmosphère de son pays natal. Bien que s’opposant à la musique descriptive, il confia un jour à son épouse qu’il avait involontairement traduit, dans un de ses quatuors, les souvenirs d’une sonnerie de clocher qui l’avait marquée enfant à Montgauzy. Ce souvenir était porté par le vent qui soufflait de l’ouest vers son village, un simple mais poignant exemple de comment l’Ariège se trouvait dans ses mélodies.

Le retour aux sources

Malgré sa carrière parisienne et internationale, Gabriel Fauré retourna régulièrement en Ariège. Ses visites étaient souvent l’occasion de renouer avec sa famille et ses racines. Dans une lettre datée du 17 avril 1918, Fauré raconte une de ses escapades avec sa nièce Margot. Il décrit l’accueil chaleureux de ses cousins et cousines à Pamiers, mais aussi la nostalgie qui le saisit, notamment en raison du froid qui le contraint à se soigner avec du badigeon d’iode.

En 1921, Gabriel réalise son « rêve de revoir le pays natal », après un été passé à Ax-les-Thermes, dans la villa Rose-Marguerite. Son dernier regard sur Montgauzy, la chapelle et le clocher marqua un adieu émouvant à sa ville natale.

Gabriel Fauré vécut ses dernières années avec une grande proximité avec ses racines ariégeoises. Son médecin, le docteur Emonet, était gendre d’un cousin de Gabriel, et ce dernier se souvenait de lui, petit enfant en nourrice à Verniolle. Les souvenirs de l’Ariège l’accompagnèrent donc tout au long de sa vie, et sans aucun doute, cette région fut pour lui « le vert paradis des amours enfantines », comme il l’écrivait.

 Discographie : L’héritage musical de Gabriel Fauré

L’œuvre de Gabriel Fauré a continué d’inspirer les artistes contemporains. De 1995 à 2022, le festival « Musiques au pays de Gabriel Fauré » invite des musiciens de renom à interpréter ses compositions. Voici une sélection d’enregistrements incontournables disponibles sur le marché :

Œuvres pour piano

  • Jean-Philippe Collard (intégrale)
  • Jean-Marc Luisada (nocturnes, extraits)
  • Pascal Rogé (nocturnes)
  • Jean-Claude Pennetier (intégrale)

Musique de chambre

  • Les sonates par Gérard Poulet et Noël Lee
  • Les quatuors et les quintettes avec piano, le trio à cordes, et le quatuor à cordes par le Quatuor Ysaye

Mélodies

  • Félicity Lott

Œuvres pour orchestre et Requiem

  • Orchestre National du Capitole, direction : Michel Plasson

Les compositions de Gabriel Fauré continuent de toucher le cœur des auditeurs à travers le monde, et son héritage musical vit au-delà du temps grâce à ces interprétations magistrales. Sa musique, riche de l’influence de ses racines ariégeoises, reste un témoin émouvant de son génie créatif et de son amour profond pour sa terre natale.